Un nouvel aéroport au Sud de Paris ?
Une fermeture d'Orly ?
Le gouvernement vient de mettre en place une Commission stratégique sur l'avenir du deuxième aéroport parisien, dont les capacités sont bloquées depuis 1994. Des voix s'élèvent pour en créer un nouveau.
Faut-il lever les contraintes de capacités d'Orly, fermer l'aéroport ou en construire un autre ? Alors que le gouvernement met en place une Commission stratégique pour l'avenir de la plate-forme parisienne, la réponse réside dans l'une de ces trois possibilités, dont l'une, très provocatrice (la fermeture) a peu de chance d'aboutir, même si « aucun sujet n'est tabou », a assuré la ministre des Transports, Nathalie Kosciusko-Morizet. Orly est un dossier polémique, qui oppose depuis des années les tenants du développement économique à ceux de la protection contre les nuisances sonores. La ministre a beau dire que « c'est une hypocrisie », la question du déplafonnement du nombre de créneaux horaires à Orly est pourtant au coeur de la problématique du onzième aéroport européen avec 25 millions de passagers accueillis par an.
Car la décision prise par décret en 1994 de limiter à 250.000 mouvements aériens (décollages et atterrissages), soit la moitié de ses capacités pour protéger les riverains des nuisances sonores, constitue un obstacle insurmontable pour définir « Orly dans 20 ans » comme le souhaite la ministre, alors le trafic aérien mondial augmente de 5 % en moyenne chaque année. Si l'utilisation d'avions de plus grosse capacités est une solution (c'est comme cela que la pénurie est gérée dans d'autres aéroports saturés comme Londres-Heathrow), le système à ses limites et ne règle pas le problème à long terme.
Si la levée pure et simple du plafonnement est inconcevable - aucun gouvernement souhaitera être confronté à une levée de boucliers des riverains -, une redéfinition du plafond à un niveau plus haut ou sur un autre critère comme le bruit, pourrait faire l'objet d'un consensus si la mesure est bien expliquée. « Avec l'amélioration des avions depuis 1994, les nuisances ont reculé et il serait possible d'augmenter le nombre de créneaux. Un plafond en bruit aurait le mérite de pousser les compagnies à moderniser leur flottes », explique un expert.
C’est un constat : si rien n’est fait à Orly, il y aura des problèmes de capacité vers 2025 dans la région parisienne car celle de Roissy n'est pas non plus extensible. Il faudra penser à un nouvel aéroport.
En 2008, la Cour des Comptes avait tenu le même discours. Dans la mesure où le contrôle aérien est dense au nord, la capacité supplémentaire doit être mise en place au sud de Paris. Si celle d'Orly n'est pas augmentée, il faudrait créer un nouvel aéroport dans le sud, pas très loin, avec, au moment de son ouverture, la fermeture d'Orly.
La mesure est extrême si l'on songe que l'aéroport génère 27 000 emplois directs. Elle rejoint celle du député-maire UMP de Villeneuve-le-Roi (Val-de-Marne), Didier Gonzales, qui lui n'a pas déterminé un lieu pour déménager Orly.
Un tel scénario consisterait à créer au sud un aéroport aussi grand que Roissy. Aussi, des proches de la Direction générale de l'aviation civile évoquent plutôt un scénario de création d'un troisième aéroport d'une capacité similaire à celle d'Orly.
Coup de gueule de la CCIP 94
En juillet, au nom des entreprises de Paris, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne, la CCIP 94 avait vigoureusement réagi face à la proposition de loi relative à la desserte aérienne du Grand Paris et la fermeture de la plateforme aéroportuaire d’Orly qui en résulterait.
«Il est aujourd’hui impensable de faire table rase du rôle de levier que joue l’aéroport de Paris - Orly au sein d’un territoire en plein développement, premier quartier d’affaires du sud francilien, l’un des moteurs du Grand Paris» avait affirmé son président.
La CCIP avait ainsi réaffirmé sa position sur la place que joue l’aéroport d’Orly, carrefour international d’échanges, dans la desserte aéroportuaire de la région capitale. Elle souligne le rôle de ce pôle « exemplaire », tant par les atouts qu’il possède et qui contribuent à faire de l’Ile-de- France une région compétitive et attractive, que par les défis qu’il s’attache à relever, avec tous les acteurs concernés, en faveur de son développement. Par son effet d’entraînement sur le tissu productif du sud francilien, il contribue à l’expansion globale de la région.
En effet, pour la CCIP 94, l’aéroport de Paris - Orly, avec sa vocation internationale, constitue un maillon essentiel de l’économie générale et de la performance du projet de Grand Paris et de l’attractivité de la métropole. Ne fragilisons pas un schéma d’ensemble récemment arrêté après un long débat public, dans lequel l’importance de la desserte d’Orly et le rôle de « hub » qu’il peut jouer ont été rappelés sans équivoque.
Les décisions d’investissement pour le bouclage de l’interconnexion sud TGV viennent également conforter la position stratégique de l’aéroport d’Orly au sud et sud-ouest de l’Ile-de-France.
La plate-forme aéroportuaire d’Orly, avec 27 000 emplois directs, contribue à l’attractivité d’un pôle économique plus large qui représente au total plus de 180 000 emplois dont 160 000 emplois salariés privés2, en hausse de 38% depuis 2005.
« Construisons un développement économique, gage d’une croissance durable et équilibrée, dans un environnement propice à l’investissement et à l’entrepreneuriat. Voilà la vraie bataille à livrer pour la réussite du Grand Paris dont Orly est une des composantes essentielles ! » avait déclaré Pierre-Antoine Gailly, président de la CCIP.
Céline Martin
Vous avez laissé ces commentaires …
La CCIP 94 a entièrement raison : il serait insensé de fermer Orly pour augmenter le trafic vers Roissy ! Jean
Un nouvel aéroport faut il encore en avoir le moyen vous avez tous oublier l'épisode de cet hiver quand Orly faute de moyen financier n'avait plus se sel en période de neige est que l'aéroport a été bloqué durant quelques jours car plus d'argent dans les caisses pour acheter du sel !!!! allons soyons sérieux commençons par mettre ceux qui fonctionne en état de fonctionnement a 100 % et je pense qu'on ressoudera un partie de l'équation avant d'aller chercher des financements qui ne serons pas rentable et ou il y aura des manquement drastique sur la sécurité !!!! Dominique 94
L'aéroport ne fermera pas, on vient d'annoncer la construction d'une gare TGV sous l'aéroport d'Orly. Construire un nouvel est le plus probable mais je ne comprends pas pourquoi on ne développe pas plus les aéroports de province comme ce qui se fait à Nice. Un aéroport important dans le Nord de la France aurait je pense un sens vu les liaisons ferroviaires et routières déjà en place ainsi que la densité de population présente. Maintenant qui dit investissement dans un aéroport déjà existant ou création ex-nihilo s'accompagnera toujours de mécontentement de la part des populations proche (ce qui est compréhensible). Bref un sujet qui va faire débat et polémique pendant encore de nombreuses années. Jean-Didier
Il faut lever ce plafonnement ridicule, instauré à l'époque pour protéger Air France (au plus bas) contre British Airways (aux grandes ambitions en France). Le gouvernement est hypocrite sur cette question. Maryvonne
Hallucinant ! A se demander si ceux qui réclament la fermeture d'Orly connaissent réellement le secteur ????????? A moins que toute cette mascarade ne soit téléguidée par les promoteurs immobiliers qui, n'en doutons pas, se jetteront comme la famine sur le pauvre monde sur ces centaines d'hectares qui pourraient ainsi être libérées pour construire de nouveaux ghettos de logements sociaux. Je le répète, persiste et signe : HALLUCINANT !!!!!! Georges (retraité)
Il est étonnant de constater que dans cette opération que tout le monde ignore superbement le travail considérable de réflexion entrepris sur ce sujet depuis plusieurs années par les conseils généraux du Val-de-Marne et de l'Essonne ???? Jean-Michel