L’hôpital Henri-Mondor
peut continuer les greffes de cœur
Depuis l’annonce faite en juin 2010 par l’Agence régionale de santé d’Ile-de-France et de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris de fermer le service de chirurgie cardiaque de l’hôpital Henri-Mondor, à Créteil, un vaste mouvement d’opposition à ce projet s’est mis en place, réunissant les élus (toute tendance confondue), les médecins et personnels hospitaliers, les usagers et les syndicats.
Pour tous, cette décision est inacceptable d’autant qu’elle conduirait à la disparition du seul service de chirurgie cardiaque de l’Est parisien et à la remise en cause de l’ensemble des activités de l’hôpital.
Cette mobilisation a payé ! Début mai, lors d’une séance de questions au Gouvernement, Michel Herbillon, député-maire UMP de Maisons-Alfort, avait interpellé le ministre de la santé, Xavier Bertrand sur ce dossier. Ce dernier a alors annoncé « la suspension de la décision de fermeture », le temps qu’une mission de l’Inspection générale des affaires sociales soit conduite sur la filière cardiologique à l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP).
"J'ai bien conscience que nous devons regarder l'évolution de ce service et l'historique de ce service", dont l'activité est "en train de remonter" et qui doit "prendre en compte l'évolution de la chirurgie cardiaque, de la cardiologie interventionnelle" ainsi que les recommandations à venir de la Haute autorité de santé (HAS) sur les valves percutanées, avait alors déclaré le ministre.
"Tous les projets" de l'hôpital Henri-Mondor notamment "sur les blocs, en réanimation, sur la chirurgie" feront "l'objet d'un regard particulièrement bienveillant dans le cadre d'Hôpital 2012" afin de "bien montrer que la question de la santé est aussi une question de proximité", avait ajouté Xavier Bertrand.
Depuis cette première victoire, la mobilisation n’a pas faibli bien au contraire d’autant qu’il y a quelques semaines, la commission spécialisée de l’organisation des soins avait émis un avis défavorable pour le renouvellement de l’autorisation de pratiquer des greffes cardiaques à Créteil. Une appréciation immédiatement considérée par le collectif de défense comme une nouvelle attaque contre Henri-Mondor.
Cette pression du terrain alimentée par les élus de toute tendance, les syndicats, mais aussi les personnels hospitaliers et les usagers vient de déboucher sur une seconde bonne nouvelle pour tous ceux qui militent contre la fermeture du service : l’hôpital Henri-Mondor vient de se voir autorisé par l’Agence régionale de santé (ARS) à poursuivre la pratique des greffes cardiaques jusqu’en mars 2012.
Mais le combat continue ! Ce revirement est une bonne nouvelle. C’est une petite avancée à mettre au crédit de la mobilisation. C’est plutôt positif, mais on est encore loin du compte. Mais rien n’est encore gagné. Le combat continue !
Rappelons que c’est à la mi-octobre que l’Inspection générale des affaires sanitaires et sociales doit remettre son rapport : on saura alors, chiffres à l’appui, qui de Mondor dans le Val-de-Marne ou de Bichat, la Pitié-Salpêtrière ou Georges-Pompidou, à Paris, doit fermer son service de chirurgie cardiaque.
Céline Martin