Grand Paris : Valérie Pécresse demande
un plan de financement crédible
Mardi 23 avril, l’association des Nouvelles Parisiennes présidée par Valérie Blanquefort a organisé un dîner débat à «La chope des puces» à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) sur le thème de l’avenir du Grand Paris avec la participation de Valérie Pécresse, ancien ministre, député des Yvelines et chef de file UMP au conseil régional d’Ile-de-France. Une soirée thématique à laquelle a participé Céline Martin, Secrétaire départemental adjoint UMP 94, responsable des Jeunes Actifs 94, adjoint au maire de Vincennes et désormais… représentante du Val-de-Marne au sein du conseil d’administration des Nouvelles Parisiennes.
Après avoir rappeler les grandes lignes de ce projet initié par Nicolas Sarkozy, alors Président de la République, Valérie Pécresse s’est inquiété de l’absence d’une vision d’ensemble tant de la part du Gouvernement de Jean-Marc Ayrault que du conseil régional d’Ile-de-France présidée par le socialiste Jean-Paul Huchon, sur ce que doit être le Grand Paris qui ne saurait se limiter à un volet transports en commun même si celui-ci fonda- mental.
Valérie Pécresse a surtout pointé du doigt la grande inquiétude qui règne quant au plan de financement présenté par le Premier ministre. Une situation qui hypothèque, par exemple, la réalisation du Grand Paris Express.
«Alors que le coût du nouveau réseau est passé de 20,5 à 24,575 milliards d’euros, les mesures proposées par Jean-Marc Ayrault conduisent en réalité à réduire le montant des financements initialement prévus pour la réalisation du projet» remarque l’ancienne ministre.
«Comment le Gouvernement compte s’y prendre pour financer un projet plus cher avec moins d’argent ?», telle est la question récurrente posée par les élus du groupe UMP au conseil régional et à laquelle Jean-Paul Huchon est incapable de répondre clairement.
Le compte n’y est pas…
Certes, le gouvernement propose d’attribuer une part plus importante de la taxe sur les bureaux (TSB) mais cette nouvelle ressource ne permettra pas de faire face au surcoût du projet, pas plus que le doublement des amendes de circulation qui pèsera lourdement sur les Franciliens. Dans le même temps, le Gouvernement renonce à affecter à la Société du Grand Paris la dotation de 4 milliards d’euros initialement prévue. Pire, Jean-Marc Ayrault a décidé de ponctionner cette même Société du Grand Paris de… 2 milliards d’euros d’ici à 2017 !
Au final, d’ici à 2020, Valérie Pécresse estime que ce sont près de 5 milliards qui vont manquer à l’appel par rapport au plan de financement initial du précédent gouvernement.
C’est pourquoi la Secrétaire générale déléguée de l’UMP a adressé au Premier ministre, avec une cinquantaine de parlementaires franciliens, un appel proposant des solutions innovantes pour financer l’intégralité du Grand Paris dans sa version initiale : allongement de la durée d’amortissement des prêts, mobilisation de l’épargne réglementée et des ressources issues de l’augmentation programmée de la TVA sur les transports franciliens, cession de certaines participations non stratégiques de l’Etat dans des entreprises cotées.
Plus globalement, Valérie Pécresse, a dénoncé «l'électro-encéphalogramme plat» de l'exécutif régional face à la crise et à la problématique de l'emploi.
Répondant aux questions de la centaine de participants, Valérie Pécresse a exprimé sa «stupéfaction face à l'agenda vide de la Région, en panne d'idées face à la crise». Alors que l'Ile-de-France connaît une remontée du chômage et notamment des jeunes, «on nous propose une séance où l'on parlera gaspillage alimentaire et aide aux étudiants incarcérés», a-t-elle regretté.
Pour Valérie Pécresse, «la Région est complètement déconnectée de la réalité et de l'emploi. Alors qu'il faudrait des réponses d'urgence face à la crise, c'est l'électro-encéphalogramme plat».
«On ne peut pas saupoudrer tout le temps, il faut faire des choix» a conclu Valérie Pécresse, qui a qualifié la Région «d’immense salière».