Il y a urgence à faire de la "politique autrement"
Un ministre, un compte en Suisse, un ancien inspecteur des impôts mis au placard qui avait mal digéré une intervention de Jérôme Cahuzac, en 1999, afin de faire effacer le redressement fiscal d'une entreprise de sa circonscription, l’enregistrement fortuit d’une conversation qui ressort après douze ans... L'affaire Cahuzac a tous les ingrédients d'un grand feuilleton politico-judiciaire à la française.
François Hollande a dénoncé, dans une déclaration enregistrée ce matin et retransmise ce midi, "un outrage à la République", dans l'affaire Jérôme Cahuzac.
François Hollande a déclaré que "les élus condamnés pour corruption seront interdits de tout mandat public". Il a annoncé qu'il "entend lutter de manière impitoyable contre les conflits d'intérêts" et a annoncé des textes sur le patrimoine des élus.
Le président s'est engagé aussi à ce qu'un projet de loi soit soumis au Parlement "dans les semaines qui viennent" pour "lutter de manière impitoyable contre les conflits entre les intérêts publics et les intérêts privés et assurer la publication et le contrôle sur les patrimoines des ministres et de tous les parlementaires". "L'exemplarité des responsables publics sera totale", a-t-il assuré.
Depuis quatre mois, Jérôme Cahuzac n'avait pourtant eu de cesse de démentir les accusations portées contre lui. D'abord véhémentes, ses dénégations se sont faites plus floues. Finalement, l'ex-ministre du budget a reconnu l'existence "d'un compte bancaire (...) depuis une vingtaine d'années".
Désormais il appartient à l’ancien ministre de répondre de ses actes, principalement devant la justice comme il se doit dans toute démocratie.
Quelle que soit l’opinion de chacun sur «l’affaire Cahuzac», prenons garde de ne pas hurler avec les loups au motif que «tous pourris», car au-delà du «cas Cahuzac», bien des questions surgissent de l’ombre.
«L'affaire Cahuzac» n’est-elle pas en réalité l'arbre qui cache la forêt ?
Depuis de nombreuses années, c'est l'activité principale de certains banquiers privés d'héberger des comptes off shore. Il y a aujourd’hui 160 milliards d'euros d'avoir français (et pas seulement au bénéfice de ministres peu vertueux !) en Suisse dont 60 milliards sont gérés par des filiales de banques françaises.
Le regard doit se porter aussi vers Singapour où de nombreux comptes ont été transférés après 2009 et la décision du conseil fédéral suisse de ne plus distinguer la fraude et l'évasion fiscale. Mais les autorités singapouriennes sont peu coopérantes. Ainsi, elles ont toujours refusé de donner le montant des avoirs européens qui y étaient placé.
Evitons aussi d’affirmer que nombre de nos élus se comportent comme des notables pontifiants et polycumulards pour lesquels la politique est une manière d’obtenir du pouvoir, de jouer les importants, de passer à la télé, de voir les citoyens ordinaires se prosterner devant eux, d’avoir toutes les femmes que leur physique ingrat leur interdirait en temps normal, sans oublier un salaire de ministre et une voiture avec chauffeur qui grille les feux rouges en faisant pinpon !
Il reste qu’un récent sondage le prouve, 72 % des Français sont désormais convaincus que leurs politiques sont "plutôt corrompus". Trois français sur quatre ! Là, ici, tout de suite sur ce blog, nous sommes trois personnes au moins à le penser pour une seule qui y croit encore.
Jeune responsable engagée en politique depuis de nombreuses années, je crois que le moment est enfin venu de faire de la "politique autrement». Tous ceux qui abordent ce sujet en voulant "casser du politique" à tout prix se trompent.
Dans une période difficile économiquement et sociologiquement, je prétend que la politique a du sens, qu'elle est au centre de notre fonctionnement et que nul n'imagine ne plus en faire.
Faire de la "politique autrement" signifie à mes yeux que la politique telle qu'elle est pratiquée aujourd'hui a besoin d'être réformée. Faire autrement quelque chose, c'est se poser la question de la méthode et mettre cette question au cœur du travail.
Il n’est pas dans ma volonté d’enfoncer des portes ouvertes en énumérant une série crédule de "y'a qu'à / faut qu'on" qui ne servent à rien, sinon à nous convaincre qu'il y a des pourris partout.
Aujourd’hui plus que jamais, j’ai l’intime conviction qu’il appartient aux nouvelles générations engagées en politique à l’image des Jeunes Actifs 94 d’inventer une autre forme d'engagement au service de la politique qui passerait par le non cumul de certains mandats. Je crois qu'il y a urgence !

Secrétaire départemental adjoint UMP 94
Responsable départemental Jeunes actifs 94
Adjoint au maire de Vincennes
Vos commentaires sur le blog...
Mercredi 3 avril
Les aveux de Cahuzac... Il y a quelques décennies, on avait le "PSU" : "Parti Sans Utilité". Aujourd'hui on a le "PS" : "Parti Simplet".
Antoine
Mercredi 3 avril
Cette nouvelle affaire me fait vraiment regretter le temps...du Général. Nous n'avions pas tous ces scandales. Et quand le Général "faisait dans le social", ce n'était pas pour reprendre de la main gauche ce qu'il donnait de la main droite.
André75