Nicolas Sarkozy visite le centre logistique
des Restos du Cœur de Vitry-sur-Seine
Le Président de la République s’est rendu en fin de matinée à Vitry-sur-Seine afin d'y effectuer une visite du centre logistique des Restos du Cœur auquel s'approvisionnent les centres de distribution des départements du Val-de-Marne, de Seine-et-Marne, de l'Essonne et de Paris.
Accompagné notamment de Bruno Le Maire, ministre de l'Agriculture, de l'Alimentation, de la Pêche, de la Ruralité et de l'Aménagement du territoire et de Roselyne Bachelot-Narquin, ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale, et Pierre Dartout, préfet du Val-de-Marne, le Président de la République a été accueilli notamment par Véronique Colucci, la compagne de Coluche.
Un mois après le lancement de la campagne d’hiver, les Restos du Cœur ont ainsi ouvert à Nicolas Sarkozy les portes de l’entrepôt de Vitry, l’un des 96 Ateliers et Chantiers d’Insertion (ACI) de l’association.
Cet entrepôt des Restos du Cœur, à l’égal des 24 autres qui parsèment le territoire, permet d’assurer dans les meilleures conditions logistiques et avec une économie de moyens saluée par la Cour des Comptes à deux reprises (moins de 7,1% de frais généraux), la distribution d’une aide alimentaire quotidienne et équilibrée aux personnes accueillies dans les 2 055 centres.
«Mais au-delà, cet ACI ouvre la voie d’une véritable réinsertion sociale et professionnelle à plus de 44% de celles et ceux qu’il accueille et qui retrouvent un emploi durable. Ce progrès n’est dû qu’à l’accompagnement et à l’engagement des bénévoles mais ne peut être réalisé que si on lui en donne les moyens» soulignent les responsables des Restos du Cœur.
Le Président de la République a parcouru les zones de stockage et de reconditionnement des denrées et rencontré à cette occasion les salariés et bénévoles de l'association.
Cette visite a permis aux Restos de développer, exemples de terrain à l’appui, les fondamentaux nécessaires pour accueillir chaque année de plus en plus de personnes (860 000 l’année dernière et une tendance supplémentaire de 8% dès la première semaine de décembre).
Fidèles à l’impulsion de Coluche consistant à alerter en toute indépendance des clivages partisans, les Restos ont donc tenu à rappeler que le rôle des pouvoirs publics est de garantir des moyens pour que l’action associative soit sécurisée :
- par la constance des politiques publiques et de leurs financements, et en tout premier lieu pour le logement et l’hébergement d’urgence,
- par l’inconditionnalité de l’aide humanitaire et la sanctuarisation des lieux où elle se pratique,
- par le maintien et l’accroissement des dispositifs d’insertion socio-professionnelle,
- et enfin, par la construction d’un programme de sécurité alimentaire européen et durable.
Crise du logement, exclusion, grande pauvreté, détresse familiale, finances exsangues quand il y a tant à faire, les raisons de s’indigner sont nombreuses mais les 60 000 bénévoles des Restos ont choisi d’abord de s’engager, de combattre la misère en refusant de la gérer ou de la masquer. Les bénévoles de l’association ont eu l’occasion d’exposer les situations graves et fréquentes qu’ils constatent.
Au cours de cette longue visite, Nicolas Sarkozy a marqué une grande attention à chacun des ces points et a pris acte des réponses que le gouvernement peut y apporter.
Rappelons que fondés par Coluche en 1985, les Restos du Cœur sont une association loi de 1901, reconnue d'utilité publique, sous le nom officiel de « les Restaurants du Cœur - les Relais du Cœur ». Ils ont pour but « d'aider et d'apporter une assistance bénévole aux personnes démunies, notamment dans le domaine alimentaire par l'accès à des repas gratuits, et par la participation à leur insertion sociale et économique, ainsi qu'à toute l'action contre la pauvreté sous toutes ses formes ».
Plus de 25 ans plus tard, ce sont 109 millions de repas équilibrés qui sont distribués par l’association (2010-2011). Les Restos du Cœur ont malheureusement largement franchi la barre d’un milliard de repas servis depuis leur création…
Aujourd’hui, les carences alimentaires les plus graves ont presque disparu, mais la pauvreté a pris un autre visage : accidents de la vie, contrats précaires et travailleurs pauvres, jeunes de moins de 25 ans ne disposant pas du RSA, retraités disposant du seul “minimum vieillesse”…
En France, plus de 8 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté.
Au-delà de l’aide alimentaire, les Restos du Cœur ont très vite étendu leurs actions à l’aide à la personne et à l’insertion. Car pour sortir durablement de l’exclusion, un repas ne suffit pas. Il faut aussi résoudre toutes les difficultés (retrouver un emploi, avoir un toit,...) pour une insertion durable.
Photos Présidence de la République